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Chapitre 8 : Examen critique de la théorie de l’inutilité de la rhétorique
2026/07/12 14:53:11瀏覽30|回應0|推薦0

Chapitre 8 : Examen critique de la théorie de l’inutilité de la rhétorique

Première section : Un sophisme qui n’a jamais perdu sa popularité

Dans mes vingt années consacrées à la critique, à l’analyse et à l’introduction de la nouvelle poésie, le « sophisme » (Paradox) que j’ai le plus souvent entendu est celui de « l’inutilité de la rhétorique ». Ceux qui défendent cette théorie présentent généralement les arguments suivants :

(1) « Les œuvres littéraires naissent naturellement, les phrases merveilleuses sont obtenues par hasard par une main habile »

Les beaux poèmes et les beaux vers ne peuvent dépendre que d’un éclair soudain d’inspiration ; ils ne sont pas obtenus par un travail intentionnel de raffinement utilisant des figures de rhétorique.

(2) Le génie naturel, les grands poètes ne sont pas limités par la rhétorique

Lorsqu’un grand poète ou un grand écrivain crée une œuvre immortelle, ce qu’il a à l’esprit n’est pas la manière d’utiliser les figures de rhétorique, mais la manière d’exprimer ses sentiments et ses intentions. Autrement dit, certains poètes et grands écrivains ont écrit des poèmes et des textes toute leur vie sans posséder une conception claire ni une connaissance précise des figures de rhétorique, et pourtant cela n’a pas empêché leurs œuvres de briller dans l’histoire de la littérature.

(3) Le lecteur n’a besoin que de « savoir ce qui est », il n’a pas besoin de connaître « pourquoi cela est ainsi »

Le lecteur n’a qu’à savoir que certains poèmes et certains textes sont de beaux poèmes et de belles œuvres littéraires ; pourquoi faudrait-il encore « savoir pourquoi cela est ainsi » et comprendre exactement où réside leur beauté ?

Dans cet article, je présenterai des arguments théoriques et des exemples concrets afin de réfuter un par un ces raisonnements.


Deuxième section : L’origine historique de la rhétorique et sa valeur pratique

Depuis l’Antiquité dans le monde occidental, la « rhétorique », qui entraîne aux techniques d’écriture et d’éloquence, a toujours été considérée comme l’une des disciplines centrales de l’éducation. La philosophie et la rhétorique constituent les deux fondements majeurs de l’éducation humaniste occidentale.

La rhétorique est apparue très tôt aussi bien en Orient qu’en Occident. Dans les œuvres d’Aristote, en Occident, figurent deux parties intitulées respectivement « Poétique » et « Rhétorique », dans lesquelles sont proposées notamment les notions de comparaison et d’opposition. En Orient, le grand ouvrage de rhétorique le plus important est sans doute 《L’Art de la littérature et la sculpture du dragon》 de Liu Xie ; les chapitres consacrés à la comparaison, à l’inspiration et à l’exagération traitent tous de l’application des figures de rhétorique. Dans le livre de 《Mencius》, l’« art du débat » repose également sur les fondements de la « rhétorique » et de la « logique du langage ».


(I) Trois parts de talent naturel, sept parts de formation acquise

« Les œuvres littéraires naissent naturellement, les phrases merveilleuses sont obtenues par hasard par une main habile ; les beaux poèmes et les beaux vers ne peuvent dépendre que d’un éclair soudain d’inspiration et ne sont pas produits volontairement par l’utilisation des figures de rhétorique. »

La phrase « Les œuvres littéraires naissent naturellement, les phrases merveilleuses sont obtenues par hasard par une main habile » met essentiellement l’accent sur la première partie : « Les œuvres littéraires naissent naturellement ». Les beaux poèmes et les beaux textes proviennent d’une « perfection naturelle ». Cependant, cette condition préalable vient de la riche culture intellectuelle et de l’expérience de vie de l’auteur. Sans ces « ressources », comment une œuvre pourrait-elle atteindre une telle « perfection naturelle » ?

Dans 《Les Vingt-quatre qualités de la poésie》 de Sikong Tu, dans la partie consacrée au « majestueux et profond » :

« La grande puissance se manifeste au-dehors, l’essence véritable est remplie au-dedans. Du vide on entre dans la profondeur, l’accumulation de force devient grandeur. Tout ce qui existe est contenu, traversant l’immensité du ciel. Immenses sont les nuages flottants, vastes est le vent lointain. Dépassant les formes extérieures, on atteint le centre véritable. »

Ce passage exprime précisément que l’auteur de poésie et de littérature doit posséder une riche culture et une vaste expérience de vie.

Du Fu disait :

« Lire dix mille volumes de livres, écrire comme si l’inspiration venait d’un dieu. »

Cette phrase souligne également combien une riche formation intellectuelle contribue à la création.

« Les phrases merveilleuses sont obtenues par hasard par une main habile » signifie que même avec une technique supérieure (une main habile), les « beaux vers » nécessitent encore l’aide de l’inspiration. Ils ne peuvent être saisis qu’au moment précis où l’inspiration surgit, de manière occasionnelle et imprévisible ; on ne peut pas espérer obtenir à volonté de beaux vers.

Selon moi, « trois parts de talent inné, sept parts de formation acquise » constitue le prolongement de la théorie dualiste de « l’hérédité et de l’environnement ». Dans les chansons populaires taïwanaises en langue taïwanaise, la phrase « trois parts sont déterminées par le ciel, sept parts dépendent de l’effort personnel » (〈L’amour de lutter mène à la victoire〉) exprime précisément cette idée de « détermination par l’acquis ».

J’ai vu de nombreux jeunes poètes qui, au début de leur carrière, recevaient beaucoup d’attention et d’attentes de la part des générations précédentes, mais qui, après seulement quelques années, disparaissaient silencieusement ou perdaient leur aura, tandis que leurs œuvres poétiques commençaient à décliner.

Le problème réside dans leur propre « capacité d’endurance ». Cela montre que le seul « talent inné » ne constitue pas une condition suffisante et nécessaire pour devenir un « grand poète ».


(II) Un grand écrivain ne sera jamais un ignorant de la rhétorique

« Lorsqu’un grand poète ou un grand écrivain crée une œuvre immortelle, ce qu’il a à l’esprit n’est pas la manière d’utiliser les figures de rhétorique, mais la manière d’exprimer ses sentiments et ses intentions. »

Cette affirmation relève presque entièrement de la « spéculation ». Dire que ces grands écrivains et grands poètes n’avaient aucune notion de structure littéraire ni de rhétorique, ou qu’ils ne s’y étaient jamais intéressés, et que leurs œuvres ont simplement pu traverser les siècles grâce au « génie naturel » et à « l’inspiration », cela relève presque du « conte fantastique » !

Sinon, faisons ceci : qu’un ami emprunte à Doraemon une machine à voyager dans le temps, ramène Li Bai et Du Fu, et leur demande si, au moment de créer leurs poèmes, leur esprit n’était composé que d’un amas confus d’images et d’une marmite bouillonnante d’émotions mélancoliques, sans aucune notion de structure ni de rhétorique.

Une formulation plus équilibrée serait la suivante : ces grands écrivains et grands poètes connaissaient depuis longtemps les règles de composition et les procédés rhétoriques. Lorsqu’ils créaient, ils utilisaient naturellement ces connaissances déjà assimilées et transformées en expérience personnelle de création.


(III) Ne considérez pas les lecteurs comme des personnes incapables de réflexion

« Le lecteur n’a besoin que de savoir ce qui est » (savoir que certains poèmes et textes sont beaux), cela suffit ; pourquoi faudrait-il encore « savoir pourquoi cela est ainsi » (savoir précisément où réside leur beauté) ?

Cette affirmation est en réalité profondément « anti-intellectuelle » et ne résiste pas à une démonstration théorique. C’est presque traiter les lecteurs comme des « personnes simples d’esprit » dotées d’une patience excessive !

Un bon poème reconnu par les lecteurs possède nécessairement ses propres « caractéristiques ». Si l’on est incapable d’expliquer ces « caractéristiques », on ne possède aucune raison pour démontrer qu’il s’agit d’un bon poème.

À travers la théorie de la structure littéraire et de la rhétorique, on peut analyser les caractéristiques des poèmes et des textes afin d’en dégager certaines vérités (règles et techniques).

De plus, si vous « ne savez jamais pourquoi cela est ainsi », alors si je dis : « Il n’existe aucun mauvais poème dans le monde », comment pourriez-vous réfuter la proposition que j’avance ?

Les critères permettant d’évaluer la qualité d’un poème ou d’un texte sont les suivants : premièrement, la technique de création ; deuxièmement, la profondeur artistique de l’œuvre.

Si un poème possède une technique maladroite, peut-il encore atteindre une grande profondeur artistique ? C’est véritablement une contradiction interne incompréhensible !

Certains disent : « Tel poème est merveilleux bien qu’il soit irrationnel ». Cela ne signifie pas que l’on ne peut pas analyser ses techniques de création, mais plutôt que sa situation ou son univers poétique possède une grande beauté. Bien qu’il soit « contraire à l’habitude », dépassant l’expérience ordinaire ou ne correspondant pas aux relations logiques communes, il demeure « conforme à une vérité profonde », et le lecteur peut encore ressentir l’intention artistique de l’auteur.

C’est précisément ce que Yan Yu explique dans 《Discours sur la poésie de Canglang》 de la dynastie Song :

« La poésie possède une saveur particulière, qui ne dépend pas de la raison. »

Parce qu’elle est « contraire à l’habitude », elle possède de la créativité ; parce qu’elle est « conforme à une vérité profonde », elle peut être acceptée par les lecteurs.


(IV) Retourner l’argument contre vous

Ensuite, je voudrais simplement poser une question aux « partisans de l’inutilité de la rhétorique ». Je vous invite à stimuler votre réflexion et à répondre publiquement à cette question :

Parmi les œuvres littéraires anciennes et modernes, orientales et occidentales, existe-t-il une phrase célèbre ou un passage magnifique possédant la qualité poétique, mais qui ne puisse pas être expliqué par des figures de rhétorique ?

Veuillez en citer un exemple. Je chercherai alors sa base théorique rhétorique. Si je ne la trouve pas, je viendrai moi-même vous rendre hommage comme disciple, chaque jour je vous aiderai à vous laver le dos et les fesses, à vider votre pot de chambre et votre récipient d’urine.

Mais si je trouve une preuve théorique, ne cherchez pas à vous dérober en affirmant que mon argumentation théorique relève de mon propre « jugement subjectif » ou de ma « critique impressionniste ». Car la « rhétorique » n’est pas ma « grande invention personnelle ». Je l’ai seulement étudiée attentivement et appliquée avec souplesse. Mes arguments théoriques doivent également pouvoir résister à « l’examen » des spécialistes de la rhétorique.

Enfin, je voudrais rappeler aimablement aux auteurs et lecteurs qui persistent à défendre « l’inutilité de la rhétorique » : avant de considérer la « rhétorique » comme une simple technique de spectacle « totalement inutile » (expression taïwanaise), ne devriez-vous pas d’abord entrer dans le domaine de la « rhétorique », comprendre ce qu’elle est réellement, puis rechercher sérieusement les preuves démontrant son « inutilité » afin de me convaincre ?

Convainquez-moi donc !

( 創作文學賞析 )
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引用
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