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| 2026/07/20 18:47:12瀏覽44|回應0|推薦0 | |
Chapitre VLa profonde lumière bleue des étoiles — Lecture de deux poèmes de Xiang Ming « Paroles du vent » Un grand souffle de vent s’est violemment faufilé et a demandé « Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? » Face au défi lancé je n’arrivais même pas à sourire et je n’ai pu répondre qu’avec agacement : « Allez donc jouer ailleurs ! » Ce court poème possède la signification profonde et le charme d’un poème de type fable. L’auteur adopte une narration à la première personne et établit un dialogue simple et direct avec un vent personnifié. Au moment où les deux parties échangent leurs répliques, chacune exprime sa propre position ; leur confrontation fait jaillir des étincelles d’humour et de sagesse. La question lancée par le vent : « Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? » est véritablement un trait de génie. L’auteur utilise directement une expression de la vie quotidienne des Taïwanais, donnant aux vers une saveur populaire et vivante. Ce vent glacial est effectivement un véritable « homme du terroir taïwanais au caractère franc et direct ». Face au « défi lancé par une grande foule de personnes sans colonne vertébrale », la réponse de l’auteur est également un trait de génie : « Allez donc jouer ailleurs ! ». Elle révèle une attitude parfaitement calme, sereine, et conserve même une part d’innocence enfantine. Cette manière de répondre avec détachement révèle une philosophie de vie harmonieuse, pacifique et sans esprit de compétition chez l’auteur. Elle constitue précisément la « morale » que ce poème-fable cherche à transmettre. Comment faut-il interpréter exactement « le défi lancé par une grande foule de personnes sans colonne vertébrale » ? Cet indice est particulièrement intéressant et mérite réflexion. L’auteur semble faire allusion à quelque chose de précis. Dans le monde de la poésie moderne, il existe effectivement de nombreux « adversaires dépourvus de caractère et de principes ». Ils recherchent les faveurs des puissants, savent observer les attitudes des autres et adapter leur comportement selon les circonstances. Lorsqu’ils rencontrent un poète influent possédant des ressources dans les revues de poésie et une certaine autorité dans le milieu littéraire, ils se rapprochent immédiatement de lui, cherchent à obtenir sa protection, le flattent et recherchent son approbation, espérant devenir ses favoris et « monter dans l’ascenseur qui les conduira vers le ciel ». Mais dès qu’ils constatent qu’un poète important ou une figure dominante du milieu poétique abandonne son pouvoir symbolique et perd son influence, ils changent immédiatement de direction selon le vent, se tournant vers une nouvelle cible. L’auteur semble avoir observé ces réalités du monde de la poésie moderne. Il choisit donc une voie indirecte, utilisant l’allusion et la critique détournée, afin de tourner en dérision, à travers cette fable poétique, ces poètes sans intégrité ni caractère. Ce court poème saisit un instant d’inspiration fulgurante. Par son humour et ses paroles pleines de sagesse, il invite le lecteur à réfléchir. Il constitue ainsi un poème satirique original et singulier. Le poète Xiang Ming porte un nom qui correspond parfaitement à son esprit créateur : « plus la nuit approche, plus il devient lumineux ». Parmi les poètes de la « planète bleue », la force créatrice de Xiang Ming non seulement n’a pas diminué, mais ses œuvres, tant par la diversité de leurs sujets que par la richesse de leurs expressions linguistiques, peuvent être considérées comme une véritable étoile polaire rayonnante. Ce poème intitulé « Un tonneau de clous » est, en apparence, un poème descriptif consacré à un objet ; mais dans sa profondeur, il s’agit d’un poème satirique qui exprime des sentiments et une réflexion à travers cet objet. Le thème lui-même adopte la forme symbolique : le « tonneau de clous » désigne implicitement « un groupe de jeunes poètes fougueux, arrogants et imbus d’eux-mêmes ». Même si le poème ne portait pas le sous-titre « Ce que j’ai vu en participant à une réunion de poètes », il ne provoquerait pas pour autant une mauvaise interprétation chez les lecteurs, car le texte fournit déjà suffisamment d’indices : « Chaque fois que je participe à une réunion de poètes Dans les rassemblements de poètes, chacun des jeunes poètes présents cherche par tous les moyens à prendre la parole et à attirer l’attention. Personne ne veut voir son propre éclat être éclipsé par ses pairs. Ainsi, dès qu’ils trouvent une occasion de parler, ils cherchent nécessairement à « provoquer la surprise générale par leurs propos », afin de montrer à quel point ils sont différents des autres. Tous sont acérés Tous possèdent leurs longueurs et leurs courtes dimensions Tous sont parfaitement droits Tous sont nus comme un pénis Prêts à tout moment à pénétrer et à envahir un endroit vulnérable La première strophe du poème utilise trois vers parallèles construits selon une structure d’énumération. Sur un ton moqueur, elle dessine l’apparence agressive et menaçante de ce tonneau de clous : « acérés, longs ou courts, droits ». Vient ensuite une comparaison imagée : « Tous sont nus comme un pénis » Cette image produit un effet humoristique et grotesque. Cependant, une question de sens apparaît inévitablement : parmi ces jeunes poètes présents à la réunion, il doit certainement y avoir un nombre non négligeable de femmes. Employer l’image du « pénis nu » pour englober ces poètes féminines semble vouloir souligner que, même les femmes poètes, dans les rencontres littéraires, refusent elles aussi de céder leur place ; leurs paroles et leurs comportements ne diffèrent pas de ceux des hommes poètes, et elles rivalisent avec eux sur un pied d’égalité. Chaque jeune poète participant vise constamment les maladresses verbales ou les faiblesses argumentatives de celui qui parle, afin de lancer des critiques, des attaques et des pointes acérées destinées à attirer davantage l’attention du public. Chaque fois que je participe à une réunion de poètes Chaque fois, ce que je vois est un grand tonneau de clous Nonchalamment Entassés dans tous les sens, prêts à agir Le poète résume ici son expérience personnelle des rassemblements poétiques. Ces jeunes poètes désireux de se mettre en valeur sont, sans exception, toujours « prêts à agir » ensemble : d’un côté, ils cherchent à démontrer leurs propres qualités ; de l’autre, ils poursuivent et attaquent les défauts des autres. Leur objectif est identique : attirer l’attention et accumuler une réputation susceptible de les conduire vers la célébrité. Tous sont pareils Les poètes se rassemblent pour bavarder et plaisanter Les clous, serrés dans le tonneau, s’oxydent et rouillent La réalité est évidente : Les rassemblements de poètes ne font éclore aucun Qu Yuan, aucun Li Bai ni aucun Du Fu Ce clou-là ne se dresse pas pour combattre seul Dans la dernière partie du poème, l’auteur, présent dans la réunion de poètes, observe froidement les paroles et les comportements de ce groupe de jeunes poètes. Il porte sur eux un jugement négatif. Il relie les deux images : « Les poètes se rassemblent pour bavarder et plaisanter » et « Les clous, serrés dans le tonneau, s’oxydent et rouillent » par l’intermédiaire d’une métaphore abrégée dont le terme comparatif est supprimé. La structure fondamentale de cette métaphore abrégée est : « A (le comparé) —— B (le comparant) ». Le terme servant à établir la comparaison (le mot de liaison comparatif) est omis ; les deux éléments sont ainsi présentés selon une relation d’opposition homogène (analogie directe). La base esthétique de ces deux vers provient de la « loi de ressemblance » du « contraste ».¹ Enfin, l’auteur donne une conclusion négative : « La réalité est évidente : Cette conclusion possède une saveur amère et ironique ; elle est quelque peu cruelle, mais elle correspond également à une certaine réalité. Cependant, les lecteurs peuvent réfléchir aux questions prolongées par cette conclusion : Pourquoi ces jeunes poètes cherchent-ils avec autant d’énergie à se mettre en avant et à attirer l’attention, alors que le monde de la poésie moderne taïwanaise n’a jamais réussi à faire émerger un poète possédant une véritable importance historique et une portée représentative de son époque ? Est-ce parce que l’environnement général demeure hostile envers les nouveaux poètes, qu’il ne leur accorde pas suffisamment d’importance (et qu’il manifeste une indifférence envers les créateurs culturels) ? Ou bien est-ce parce que les poètes modernes, qui utilisent les rassemblements poétiques pour se réchauffer mutuellement au sein d’un cercle fermé, souffrent eux-mêmes d’une vision étroite et d’une attitude trop sûre d’eux-mêmes, ce qui les empêche d’obtenir l’écho des lecteurs ordinaires ? Est-ce pour cette raison que la poésie moderne taïwanaise demeure enfermée dans un petit cercle minoritaire, survivant difficilement pendant des décennies sans véritable renouvellement ? La valeur précieuse de ce poème réside précisément dans ce que l’auteur laisse discrètement apparaître après sa conclusion : le sens implicite qui dépasse les paroles exprimées. Note explicative La loi de ressemblance (ou loi d’analogie) consiste à établir des rapprochements entre des éléments qui présentent une similitude de forme ou une proximité de sens, afin de produire une association d’idées. « L’association par ressemblance est provoquée par une certaine similitude existant entre deux objets, soit dans leur nature, soit dans leur apparence. » Ce phénomène provient, dans la perception humaine d’un objet, de deux processus psychologiques : la généralisation et la conceptualisation. La généralisation désigne le fait de répondre de manière identique à des objets similaires sans parvenir à les distinguer. La conceptualisation désigne la réaction produite à partir des caractéristiques communes observées dans des objets différents. De nombreux procédés rhétoriques employés en littérature, tels que l’analogie, la comparaison, la métaphore et le symbole, trouvent leur fondement psychologique dans l’association par ressemblance. Voir l’ouvrage de l’auteur : |
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